Réduire le gaspillage et l’emballage des aliments

Récemment, Greenpeace s’est penché sur l’accumulation de plastique sur les plages du monde. L’organisme reconnu pour ses coups d’éclat médiatiques a conclu que l’ensemble des déchets que l’on retrouve partout sur les berges et plages provient de cinq sources, notamment, cinq compagnies : Coca-Cola, Pepsico et Nestlé, et pour le Canada s’ajoutent Tim Hortons et McDonalds. Constat troublant, et vous l’aurez bien deviné, ces entreprises appartiennent toutes au secteur agroalimentaire.

De manière plutôt fascinante, peu d’entre nous réalisent l’importante part que le plastique occupe dans notre quotidien. En alimentation, pour de bonnes raisons liées à la salubrité et la fraîcheur des aliments, ainsi qu’à la mobilité de consommation, l’emballage plastique ne représente pourtant qu’un coût dérisoire pour chacun de nous. Le plastique, contrairement à d’autres matériaux, ne coûte rien. Mais depuis un an, il devient l’ennemi public numéro un et la filière agroalimentaire joue un rôle extrêmement important.

L’emballage des aliments se met au service de l’industrie et des consommateurs. Depuis des lunes, les technologies d’emballage nous ont permis de maintenir la fraîcheur de nos aliments, d’assurer une meilleure salubrité, et bien sûr, de permettre une plus grande réduction du gaspillage des aliments. Comme nos habitudes de consommation alimentaire nous amènent à manger plus souvent à l’extérieur sur le pouce, le plastique et le papier se prêtent à une volonté de consommer en transit. Notre démographie y contribue aussi pour beaucoup. Plus de 26 % des ménages canadiens se composent d’une seule personne et les besoins d’emballage en petites portions uniques se font sentir. Puisque le nombre de ménages comptant une seule personne risque d’augmenter d’ici dix ans, la nécessité d’emballer individuellement augmentera assurément. Et en y ajoutant la négligence, la bêtise et le manque de savoir-vivre de certains consommateurs, nos plages et nos rives deviennent de véritables poubelles.

Cependant, la technologie progresse, même si l’emballage compostable a connu des ratés par le passé. Plusieurs se souviendront de l’épisode des SunChips en 2010, alors que Pepsico sortait en grande pompe le premier sac de croustilles compostable. Ces sacs ne se désintégraient pas aussi vite que souhaité dans le compost et produisaient du bruit, beaucoup de bruit sur les tablettes. L’initiative s’était soldée par un échec monumental. Mais depuis, différents emballages compostables ont fait leur apparition ; capsules de café, différents produits spécialisés ici et là, mais rien de plus.

Les emballages comestibles, quant à eux, attirent de plus en plus l’attention. Imaginez le jour où vous pourrez visiter un supermarché où tout peut se manger ! Cela ne risque pas de se produire dans la prochaine année, mais déjà certaines avancées des derniers mois nous donnent espoir.

La plupart des emballages comestibles de première génération se composaient principalement de féculents. La fraîcheur et le temps de conservation demeuraient toujours un problème. Mais la United States Department of Agriculture (USDA) a récemment fait connaître sa plus récente découverte : un emballage comestible à base de protéine laitière. Cette technologie permet à l’oxygène de demeurer à l’écart plus longtemps afin de conserver une plus grande fraîcheur aux aliments. Mais la membrane comestible peut aussi être infusée de nutriments comme des vitamines et minéraux. Il ne suffit pas d’inviter les consommateurs à ingérer l’emballage d’un produit alimentaire, mais encore faut-il que le goût et la valeur nutritive en vaillent la peine. La commercialisation de cet emballage de la USDA pourrait survenir dès l’an prochain.

D’ailleurs, selon la firme TMR, l’industrie de l’emballage comestible prendra de l’expansion d’ici 5 ans, atteignant 3 milliards de chiffres d’affaires. Pas si mal. Mais ces technologies augmenteront assurément le coût de production et les prix au détail pour nos produits alimentaires. Les entreprises le savent, mais il y a de l’espoir. Le « facteur gaspillage » semble prendre de l’ampleur et un nombre grandissant de consommateurs laisse leurs valeurs environnementales définir la dimension de leur budget familial.

Quelques sous de plus afin de réduire le gaspillage des emballages alimentaires en valent la peine. Après tout, le coût de notre alimentation demeure pas si élevé que cela au Canada, ce qui explique possiblement le fait que nous gaspillons beaucoup trop d’aliments. Il s’avère toujours plus facile de négliger ce que l’on valorise peu.

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