Vente des prêts-à-boire à base de spiritueux en épiceries : un grand pas dans la bonne direction

GRANBY, QC – L’Union québécoise des microdistilleries (UQMD) accueille favorablement l’annonce du gouvernement visant à permettre la vente des prêts-à-boire à base de spiritueux dans les épiceries et dépanneurs du Québec. Jusqu’à maintenant, les prêts-à-boire à base de spiritueux étaient exclus de ce canal de mise en marché, contrairement à ceux à base de malt, de vin ou de cidre.

Selon l’UQMD, cette décision constitue un grand pas dans la bonne direction. Elle contribue à moderniser un cadre réglementaire désuet et à corriger une incohérence de longue date entre les différentes catégories de boissons alcooliques offertes aux consommateurs québécois.

« Cette ouverture répond à une réalité de marché où les prêts-à-boire connaissent une croissance soutenue et représentent un segment stratégique pour nos entreprises. En permettant leur vente en épicerie, le gouvernement adapte la réglementation aux nouvelles tendances de consommation. L’UQMD remercie particulièrement le ministre Samuel Poulin et le ministre Eric Girard pour leur engagement et leur leadership dans ce dossier, qui ont permis de faire progresser concrètement les travaux au bénéfice de l’ensemble du secteur », souligne M. Nicolas Bériault, président de l’UQMD.

 

La mesure doit profiter aux PME québécoises

L’UQMD insiste toutefois sur l’importance que la mise en œuvre de cette mesure soit structurée de façon à soutenir les PME québécoises. Les modalités d’accès au marché, les conditions commerciales et l’espace tablette devront être pensés de manière à ne pas simplement avantager les grandes multinationales disposant de budgets promotionnels substantiels et d’un pouvoir de négociation considérable. À défaut, les produits de ces grandes entreprises, plus facilement accessibles, moins coûteux et fortement soutenus par le marketing, risquent de capter l’espace et de substituer les ventes des producteurs québécois.

« Il est essentiel que cette réforme bénéficie réellement aux entreprises d’ici. Sans mécanismes adaptés, l’ouverture du marché pourrait se traduire par un déplacement des ventes vers des marques internationales plutôt que par une croissance des PME locales. Nous espérons que des réflexions approfondies aient été menées afin de prévenir ce risque et d’assurer des retombées concrètes pour les producteurs québécois », ajoute M. Bériault.

 

Les distilleries toujours en attente de changements structurels

Malgré cette avancée, l’industrie des spiritueux québécois demeure confrontée à des obstacles structurels majeurs, notamment en matière de fiscalité, d’accès aux marchés et de compétitivité face aux autres provinces et aux entreprises étrangères. L’absence d’un statut clair pour les distilleries de petite taille maintient un déséquilibre qui freine leur croissance et fragilise leur rentabilité en faveur des produits importés.

Depuis plus d’une décennie, les distilleries du Québec réclament une réforme structurante du cadre réglementaire afin d’assurer la viabilité des entreprises d’ici. La reconnaissance officielle d’un statut de « petite distillerie », assorti d’allègements adaptés en matière de majoration et d’accès au marché, comme c’est déjà le cas ailleurs au Canada, constituerait un levier concret pour soutenir l’investissement, dynamiser les régions et créer davantage de richesse au Québec.

 

À propos

L’Union québécoise des microdistilleries (UQMD) regroupe la grande majorité des distilleries du Québec avec plus de 50 membres. Sa mission est de représenter et défendre les intérêts de ses membres, de faire évoluer le cadre réglementaire et de créer les conditions favorables à la croissance durable des distilleries québécoises. Elle soutient le développement du savoir-faire, la compétitivité et le rayonnement des spiritueux distillés à la propriété au Québec, au Canada et à l’international.

 

SOURCE Union québécoise des microdistilleries (UQMD)