Regina (Saskatchewan) – Selon le dernier rapport sur le secteur des aliments et des boissons de Financement agricole Canada (FAC), les entreprises canadiennes de fabrication d’aliments et de boissons devraient enregistrer une croissance modérée de leurs ventes en 2026, dans un contexte où la faiblesse de la demande continue de poser des difficultés au secteur.
Les Services économiques FAC prévoient que les ventes du secteur de la fabrication d’aliments et de boissons augmenteront de 0,8 % en 2026, grâce à la hausse des prix, tandis que les volumes de vente devraient diminuer de 0,7 %. Il s’agirait de la quatrième année consécutive de baisse des volumes, poursuivant une tendance où la hausse des prix soutient les revenus, alors que la demande sous-jacente demeure faible.
« L’écart entre la croissance modeste des ventes et la baisse des volumes met en lumière les défis liés à la demande auxquels sont confrontées les entreprises de fabrication d’aliments », explique Craig Johnston, économiste en chef à FAC. « La faible croissance des volumes montre que le secteur continue de s’adapter au resserrement des dépenses de consommation et au ralentissement de la croissance démographique. »
Les coûts des intrants ont fortement augmenté ces dernières années, les perturbations de l’approvisionnement ayant entraîné une hausse des prix dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement agricole. Des événements tels que la grippe aviaire, la sécheresse dans les régions productrices de cacao et l’offre limitée de bétail ont entraîné une hausse des coûts pour de nombreuses entreprises de fabrication.
Pour 2026, nous nous attendons à une baisse des prix des principaux intrants, dont les bovins, les porcs, le canola et le cacao, ce qui apportera un certain soulagement aux entreprises de transformation. Soulignons que ces perspectives sont incertaines, car le conflit au Moyen-Orient fait peser de nouveaux risques sur les marchés de l’énergie et des produits de base.
Les marges brutes des entreprises de fabrication d’aliments et de boissons devraient s’améliorer en 2026 et en 2027, après plusieurs années sous pression. En 2026, cette amélioration devrait principalement résulter d’une baisse des coûts des matières premières, alors que la croissance des ventes restera modérée et que les volumes continueront de baisser. À mesure que les conditions du marché se stabilisent, l’amélioration des marges prévue en 2027 devrait s’expliquer par un relâchement de la pression exercée par les coûts et une croissance accrue des revenus.
Les résultats varieront d’un sous-secteur à l’autre. Nous nous attendons à une amélioration des marges dans les secteurs de la transformation de la viande, de la préparation de poissons et de fruits de mer, des produits de boulangerie, de la mouture de céréales et d’oléagineux, ainsi que de la fabrication de sucre et de confiseries. En revanche, les secteurs de la transformation des fruits et légumes et de la fabrication de boissons devraient faire face à de nouvelles pressions.
L’incertitude commerciale continue d’influencer les perspectives. Les tarifs douaniers, les perturbations de la chaîne d’approvisionnement et les tensions géopolitiques ont une incidence sur les marchés d’exportation et le coût des intrants, ce qui entraîne de l’incertitude pour les entreprises qui planifient des investissements. Le conflit au Moyen-Orient apparaît comme un risque potentiellement majeur qui est susceptible d’influencer les perspectives.
« Les conditions de la demande demeurent inégales selon les catégories de produits, ce qui aura un effet sur les résultats de l’ensemble de l’industrie, fait valoir M. Johnston. Les entreprises qui améliorent leur productivité, gèrent efficacement le coût des intrants et s’adaptent à l’évolution des préférences de consommation seront mieux placées à mesure que les conditions évolueront. »
Les tendances en matière d’investissement reflètent le climat de prudence qui règne actuellement. Les dépenses en immobilisations dans le secteur de la fabrication d’aliments et de boissons ont reculé de 5,3 % en 2025, et les signes précurseurs laissent présager un nouvel affaiblissement des investissements en 2026. Des reculs persistants des dépenses en immobilisations pourraient freiner la croissance de la productivité, restreindre l’accroissement des capacités et ralentir l’adoption de nouvelles technologies dans l’ensemble du secteur.
Le secteur canadien de la fabrication d’aliments et de boissons compte plus de 11 000 entreprises et emploie environ 318 000 personnes, ce qui en fait le plus grand employeur du secteur manufacturier au pays et un lien essentiel entre les exploitations agricoles canadiennes et les consommateurs et consommatrices. Ce secteur alimente à la fois les marchés intérieurs et d’exportation en répondant aux besoins des ménages canadiens et à la demande internationale. De nombreuses entreprises de transformation dépendent fortement de la demande étrangère, notamment celle des États-Unis, tandis que les perturbations commerciales, les tarifs douaniers et l’évolution de la demande mondiale continuent d’influencer les ventes et les décisions d’investissement.
Le rapport annuel de FAC sur le secteur des aliments et des boissons fournit des prévisions et des analyses pour les segments clés du secteur, y compris la mouture de céréales et d’oléagineux, la transformation des produits laitiers et de la viande, la fabrication de sucre et de confiseries, les produits de boulangerie, la préparation de poissons et de fruits de mer, la transformation des fruits et légumes et la fabrication de boissons.
En communiquant ses connaissances et ses prévisions économiques, FAC fournit des renseignements et une expertise pour aider les acteurs de l’agroindustrie à atteindre leurs objectifs. Pour obtenir plus de renseignements et d’analyses économiques, consultez la page des Services économiques FAC à l’adresse fac.ca/serviceseconomiques.
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