Vers une nouvelle cohérence agroalimentaire : ce que révèle l’arrivée de Jean Lacroix dans l’arène politique
Il y a des moments où une industrie entière semble retenir son souffle. Le Québec agroalimentaire est précisément dans l’un de ces moments.
Derrière les chiffres — 6,8 % du PIB, plus de 527 000 emplois, une croissance soutenue — se cache une filière qui avance, mais souvent moins vite que les attentes des consommateurs, les pressions économiques ou les impératifs environnementaux. Une filière qui sait qu’elle possède les talents, les entreprises, les chercheurs, les terroirs… mais qui peine encore à transformer cette richesse en un véritable avantage compétitif.
C’est durant cette quête de cohérence que Jean Lacroix a annoncé, le 1er septembre dernier, sa candidature dans la circonscription de Sanguinet.
Ce saut en politique provinciale survient au moment même où le secteur doit se recentrer, mieux se structurer et se projeter.
Un secteur qui avance, mais sous tension
Le Québec agroalimentaire n’est pas en crise. Il est en transition. Il possède une recherche influente, des entrepreneurs audacieux et des régions engagées. Sa diversité est enviable.
Mais ses fragilités reviennent en écho :
- Une productivité qui progresse trop lentement
- Des investissements qui ne suivent pas le rythme
- Une R-D qui peine à se transformer en produits commercialisés
- Une automatisation encore timide
- Une fragmentation institutionnelle qui dilue les efforts
- Des attentes sociétales croissantes en matière de Manger Mieux et de durabilité
Ce que l’industrie cherche aujourd’hui, ce n’est pas un sauveur. C’est une capacité à relier les besoins aux solutions, à donner un sens commun à des efforts dispersés, à créer une cohérence dans un écosystème devenu trop complexe pour avancer seul.
Si la trajectoire de Jean Lacroix interpelle, il faut éviter d’en tirer des conclusions.
Dans ce contexte, certains parcours attirent l’attention. Celui de Jean Lacroix en fait partie — et il mérite d’être décrit, sans être interprété.
Un esprit façonné par l’innovation et la transition durable
Ceux qui ont croisé Jean Lacroix dans les dernières années savent qu’il n’aborde jamais un enjeu par sa surface. Son passage à Cintech agroalimentaire, où il a dirigé le centre pendant plus de cinq ans, a été largement documenté dans les médias. On y souligne son rôle comme acteur structurant, capable de créer des liens entre la recherche, les entreprises et les besoins industriels.
Avant l’agroalimentaire, il a passé plus de vingt ans dans les secteurs de l’énergie, de l’environnement et de la transition durable, occupant des postes de direction, de gouvernance et de fondation. Des organisations comme Coop Carbone, Québec’Eau ou Traces Québec ont mentionné son implication dans des initiatives liées à la réduction des émissions, à la gestion durable de l’eau ou à la transition écologique.
Ce parcours lui a donné une sensibilité particulière : celle de comprendre que les transformations profondes ne se décrètent pas — elles se construisent.
Une manière de penser qui résonne dans un secteur en mutation
Jean Lacroix n’arrive pas avec des slogans. Il arrive avec une manière de penser.
Une manière de regarder les chaînes de valeur comme des organismes vivants. Une manière de comprendre que l’innovation n’est pas un laboratoire, mais un chemin. Une manière de relier les enjeux économiques aux enjeux environnementaux, les enjeux technologiques aux enjeux humains, les enjeux industriels aux attentes des consommateurs.
Dans un secteur où les défis sont systémiques, cette capacité à penser en écosystème — plutôt qu’en silo — devient un élément qui attire l’attention, sans pour autant définir une orientation politique.
Une candidature annoncée dans un moment important
L’annonce de sa candidature dans Sanguinet, faite par Christine Fréchette lors d’un événement public en Montérégie, a été largement relayée. Les communications officielles ont présenté Jean Lacroix comme un candidat « engagé » et « à l’écoute des citoyens ». Il a lui-même déclaré vouloir « mettre son expérience au service de la communauté » — une intention générale, non spécifique aux enjeux agroalimentaires.
Ces éléments ne permettent pas de tirer des conclusions. Mais ils expliquent pourquoi son arrivée dans l’espace public interpelle un secteur en pleine transformation.
Christine Fréchette : une continuité qui rencontre une nouvelle dynamique
Christine Fréchette est déjà bien ancrée dans plusieurs dossiers touchant l’économie régionale et l’agroalimentaire. Son travail auprès des entreprises, des institutions et des acteurs de la formation lui confère une crédibilité établie.
L’arrivée de Jean Lacroix à ses côtés ne remplace pas cette dynamique : elle crée un duo politique dont les intentions devront être clarifiées pour un secteur qui réclame :
- de la stabilité,
- de la prévisibilité,
- une vision cohérente,
- et une capacité à transformer les intentions en résultats.
Les questions légitimes que son arrivée soulève
L’industrie agroalimentaire ne cherche pas seulement des acteurs compétents : elle cherche des acteurs capables de porter une vision, de rassembler, de questionner, d’orienter, d’accélérer.
Dans ce contexte, deux questions émergent naturellement :
- L’arrivée de Jean Lacroix dans l’espace public entraînera-t-elle une prise de leadership plus grande sur les enjeux agroalimentaires auxquels le Québec fait face?
- Et, plus largement : quelle place prendra réellement le Manger Mieux comme moteur d’innovation capable de répondre aux besoins des consommateurs et de rallier les leaders autour d’une ambition commune?
Ces questions ne sont pas des projections. Ce sont des interrogations légitimes dans un secteur qui cherche encore son centre de gravité.
Un moment où les parcours comptent autant que les idées (les idées comptent.)
Le Québec agroalimentaire est à la croisée des chemins. Il possède les talents, les entreprises, les chercheurs et les ressources nécessaires pour devenir un leader du Manger Mieux.
Ce qui lui manque, ce n’est pas la volonté : c’est la cohérence, la coordination, la vision et la capacité à transformer les intentions en résultats.
Dans ce contexte, le parcours de Jean Lacroix ne garantit rien — mais il ouvre des possibilités. Il apporte une manière de penser, une manière de relier, une manière de structurer qui correspond aux besoins du moment.
L’industrie suivra attentivement ce que son arrivée permettra de mettre en mouvement. Non pas pour juger l’individu, mais pour comprendre ce que cette recomposition politique signifie pour l’avenir du secteur.
Source photo : Jean Lacroix

