Collecte sélective : une aide bienvenue, mais un problème de fond toujours entier

GRANBY, QC – Un regroupement d’associations issues de la filière agroalimentaire prend note de l’annonce du gouvernement visant à accorder une aide financière de 27 M$ accordée à Éco Entreprise Québec. Cette somme vise à combler un manque à gagner lié au vaste chantier de transformation de la collecte sélective, mettant en lumière les failles d’un modèle très ambitieux et complexe.

Depuis plus d’un an, le regroupement travaille activement à documenter les impacts majeurs de la réforme de la collecte sélective (Responsabilité élargie des producteurs) sur les entreprises de la filière agroalimentaire et à proposer des ajustements concrets afin d’en limiter les effets financiers. Les factures du tarif 2025, qui financent la transition du système, se sont ajoutées en cours d’année à celles de 2026 occasionnant un fardeau de 810 M$ à financer en 2026.

« Cette annonce démontre que la mobilisation et la persévérance de la filière agroalimentaire ont porté fruit. Nous prenons acte que le gouvernement reconnait les pressions financières considérables auxquelles font face les entreprises alimentaires et de poser un geste pour atténuer la situation », souligne le regroupement.

 

Une mesure qui atténue le passé… mais pas la trajectoire des coûts

Si l’aide annoncée constitue un soulagement pour plusieurs entreprises, le regroupement rappelle toutefois qu’elle ne règle pas le problème de fond.

La subvention annoncée vise essentiellement à atténuer l’impact du tarif 2025 issu de l’ancien système. Elle ne change pas la trajectoire des coûts dans le nouveau régime de responsabilité élargie des producteurs, où les factures demeurent en forte croissance depuis janvier 2025.

« Concrètement, cette mesure vient aplanir une partie de la facture passée, mais elle ne freine pas la hausse fulgurante des coûts que les entreprises doivent absorber depuis la mise en place de la responsabilité élargie des producteurs aujourd’hui et dans les années à venir », rappelle le regroupement.

 

Des avancées notables grâce au dialogue

Le regroupement tient à souligner la collaboration établie entre les associations, le ministère de l’Environnement et l’organisme de gestion désigné (ÉEQ) au cours des derniers mois. À la suite des représentations de l’industrie, plusieurs ajustements réglementaires ont été demandés afin d’étaler dans le temps les exigences réglementaires.

Il est essentiel de poursuivre en s’assurant que ces changements soient édités en Gazette officielle en juin pour une approbation finale par le conseil des ministres avant le déclanchement des élections.

 

Des entreprises toujours sous pression

Dans un contexte économique déjà extrêmement difficile — marqué par l’inflation, la pression sur les coûts d’exploitation et la fragilité des chaînes d’approvisionnement — les entreprises de la filière agroalimentaire demeurent prises à la gorge par la rapidité et l’ampleur des hausses associées au nouveau système. Celles-ci doivent reporter des projets d’investissement et d’innovation.

C’est pourquoi le regroupement réitère l’importance de mettre en place un mécanisme de contrôle des coûts, notamment un plafond de dépenses dans les coûts nets administrés par ÉEQ, afin d’assurer la prévisibilité et la soutenabilité du régime.  Ceux-ci doivent tendre vers ce qu’ils étaient en 2024.

 

Poursuivre les ajustements

Le regroupement entend poursuivre son travail avec le gouvernement et ÉEQ afin de garantir que la modernisation de la collecte sélective atteigne ses objectifs environnementaux sans compromettre la compétitivité et la viabilité des entreprises de la filière agroalimentaire québécoises.

« Notre industrie est pleinement engagée dans l’amélioration des systèmes de récupération et de recyclage. Mais pour réussir cette transition, il faut un modèle financièrement viable pour les entreprises qui le financent », conclut le regroupement.

 

Sources :
Conseil de la transformation alimentaire du Québec (CTAQ)
Conseil Canadien du commerce de détail (CCCD)
Union des producteurs agricoles (UPA)
Association des producteurs Maraichers du Québec (APMQ)
Conseil des industriels laitiers du Québec (CILQ)
Association québécoise de la distribution de fruits et légumes (AQDFL)
Union québécoise des microdistilleries (UQMD) 

SOURCE CTAQ (Conseil de la transformation alimentaire du Québec)