Congrès général 2023 de l’UPA : rendez-vous historique pour l’avenir agricole, forestier, rural, territorial et alimentaire du Québec

Sous le thème Agriculture et foresterie viables et durables, plus de 700 participants, délégués, observateurs et décideurs des secteurs agricole et forestier du Québec ont participé, en tout ou en partie, au Congrès général 2023 de l’Union des producteurs agricoles (UPA), les 5, 6 et 7 décembre derniers à Québec.

Cet événement annuel d’envergure a permis des discussions importantes sur les défis énormes auxquels sont confrontés ces deux secteurs. [PHOTOS]

« On le sait, on le voit et on l’entend : beaucoup d’entreprises agricoles, de régions et de secteurs de production vivent une situation difficile actuellement. L’inflation, les taux d’intérêt, le soutien et l’accompagnement en deçà des besoins, l’actualisation très attendue des programmes, la lourdeur administrative et les menaces grandissantes au territoire et aux activités agricoles et forestières plombent la confiance et la rentabilité de milliers de fermes partout au Québec. Tous ces aspects doivent être revisités rapidement si l’on souhaite faire de l’autonomie alimentaire une véritable priorité nationale », a déclaré le président général de l’UPA, Martin Caron.

L’impact désastreux des événements climatiques extrêmes (plus particulièrement dans le secteur horticole et en Abitibi-Témiscamingue), les effets de la restructuration du secteur porcin, les demandes légitimes de la relève ainsi que les défis particuliers des régions périphériques, des secteurs éloignés et des fermes de proximité sont aussi des enjeux pressants qui méritent une attention beaucoup plus soutenue des divers paliers de gouvernement.

« On demande aux productrices et producteurs d’être plus performants, plus efficaces, plus résilients. Ces exigences sont toutefois formulées dans un contexte de désengagement généralisé depuis une décennie, tant au niveau des budgets que des programmes », a continué M. Caron.

Soulignons à cet égard que le budget d’Agriculture et Agroalimentaire Canada a diminué de 18 % ces dix dernières années (de 0,87 % du budget de l’État à 0,42 %) et que des coupes additionnelles de 3 % ont été annoncées pour l’an prochain. Du côté québécois, le budget du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation n’a augmenté que de 9 % (de 1,47 % du budget de l’État à 0,98 %), indépendamment des annonces, des programmes et des mesures récentes pour faire croître l’autonomie alimentaire de la province. Dans les circonstances, peut-on vraiment s’étonner de l’endettement grandissant des productrices et producteurs (+ 115 % ces dix dernières années), qui continuent de faire les frais de ce désengagement? Ces statistiques ne sont pas compatibles avec le projet de société auquel sont conviés les productrices, les producteurs et les transformateurs alimentaires.

Le flot incessant de changements, de mesures et de règlements en matière d’agroenvironnement (sans soutien comparable à nos principaux compétiteurs), ainsi que le chassé-croisé de consultations, de réflexions et de refontes au regard de l’aménagement du territoire, exerce aussi une pression croissante et constante sur les productrices et producteurs. Dans ce cadre, l’actuelle consultation nationale sur la protection du territoire et des activités agricoles est suivie très attentivement par la très grande majorité de citoyens et d’organisations qui considère, à juste titre, qu’une protection accrue de notre garde-manger (seulement 2 % du territoire québécois) est essentielle à l’avenir alimentaire des Québécoises et Québécois d’aujourd’hui et de demain.

Tous ces enjeux sont d’ailleurs à l’origine d’une grande marche rassembleuse et solidaire pour la relève agricole et l’avenir des fermes de chez nous à laquelle environ 1 000 productrices et producteurs agricoles et forestiers ont exprimé au gouvernement ainsi qu’aux parlementaires québécois, sous la forme d’un manifeste historique, leurs inquiétudes et leurs espoirs, le 6 décembre en marge du Congrès général. [PHOTOS]

 

Allocutions, présentations, programmation et proclamations

La Commission électorale de l’UPA a officiellement confirmé la réélection de Martin Caron à la présidence générale ainsi que la réélection de Paul Doyon et de Stéphanie Levasseur à la vice-présidence générale de l’organisation.

Les congressistes ont également assisté à des allocutions et présentations de haut calibre, notamment du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, André Lamontagne, du secrétaire parlementaire du ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire du Canada, Francis Drouin, du chef de l’opposition officielle, Marc Tanguay, de la co-porte-parole de Québec Solidaire, Émilise Lessard-Therrien, et du chef du troisième groupe d’opposition, Paul St-Pierre Plamondon. Le deuxième vice-président de la Fédération canadienne de l’agriculture, Pierre Lampron, ainsi que le chroniqueur et journaliste économique René Vézina, se sont aussi adressé aux participants (toutes les allocutions et présentations sont disponibles ici).

En plus du rapport des activités 2023, présenté par le directeur général de l’organisation, Charles-Félix Ross, et la directrice générale adjointe, Magali Delomier, les délégués ont profité du Congrès général pour assister, le 6 décembre au Manège militaire Voltigeurs de Québec, au lancement de la programmation du 100e anniversaire de l’UPA (en 2024). [PHOTOS]

Animé par Marie-Eve Janvier, cet événement s’est tenu dans le lieu même qui a vu naître l’Union catholique des cultivateurs. Plusieurs centaines de convives ont découvert la programmation prévue tout au long de l’année, dans diverses régions, afin de souligner 100 ans d’histoire et d’action collective. Ils ont aussi visionné le court métrage Habiter la terre, produit pour rendre hommage aux femmes et aux hommes qui nourrissent le Québec depuis des générations!

Le Congrès général a finalement permis de célébrer la famille Marquis-Dion, nommée famille agricole de l’année par la Fondation de la famille agricole, ainsi que la famille Kassongo du Burkina Faso, nommée famille agricole inTERREnationale par UPA Développement international dans le cadre du 30e anniversaire de l’organisation.

SOURCE Union des producteurs agricoles