Après avoir remporté un prix DUX : Vegeat prête à rivaliser avec les grands

Jusqu’à maintenant, lorsqu’on voulait manger des boulettes végétariennes, le choix était mince. Il fallait se rabattre sur les marques américaines Beyond Meat ou Lightlife. Ce n’est plus le cas. La jeune et dynamique PME québécoise Vegeat vient de conclure une entente d’exclusivité avec Sobeys.

Après s’être investi pendant un an et demi sur son projet, François Cardinal travaille désormais à produire Vegeat, les premières barquettes de haché végétal qu’il vendra en exclusivité dans les épiceries Sobeys en s’assurant de les vendre à un meilleur prix que ses compétiteurs américains.

Séduire différemment

François Cardinal sera parvenu à convaincre les décideurs du géant Sobeys en prenant le temps et en n’hésitant pas à faire de l’éducation dans un marché où la catégorie de la protéine végétale imitant le bœuf haché en était à ses balbutiements. « François nous a fait plein de recettes succulentes avec ses produits. Pas dans le but de nous convaincre, mais pour nous montrer leur versatilité, le potentiel de la marque », a déclaré Mireille Thibodeau, vice-présidente des achats et de la mise en marché des produits périssables, Sobeys (IGA) à La Presse +.

L’annonce de ce partenariat arrive à point nommé pour cette entreprise de cinq employés qui n’avait jamais reçu de subventions ou d’aide financière. Le fait de gagner le prix DUX récompensant les initiatives en matière de saine alimentation dans la catégorie Produit en ébullition – Entreprise en démarrage aura marqué un tournant dans la vie de l’entreprise. « Depuis, ce temps-là, j’ai été inondé de demande. Ça a été fou! Surtout que ma recette n’était pas encore au point… », a fait savoir le propriétaire de la PME.

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Agrandissement et investissement

Avec l’annonce d’aujourd’hui, gageons que François Cardinal n’aura plus de difficulté à trouver les investisseurs qui l’aideront à développer son entreprise qui devra s’ajuster à la demande surtout que Sobeys a mentionné qu’elle pourrait vendre les produits de Vegeat dans ses autres enseignes à l’extérieur de la province.

Proactif, François Cardinal discute déjà de la possibilité d’investir dans l’usine avec son sous-traitant. « Aujourd’hui, on commence et on a déjà des plans d’agrandissement et de modernisation pour gagner en efficacité », a-t-il indiqué à ce sujet à La Presse +.

Issu du monde de la restauration, l’entrepreneur de 43 ans aura eu raison de ne pas perdre espoir malgré les défis qui l’attendaient lorsqu’il s’est lancé dans l’aventure de Vegeat. Il devait d’abord trouvé une usine de transformation de viande adapté à ses besoins pour ensuite trouver et produire la recette qui attirerait les distributeurs potentiels.

Unique regret

François Cardinal avoue avoir souhaité que ses produits soient entièrement composés d’ingrédients québécois mais, puisque la matière première de son produit n’est pas fabriquée au Canada, Vegeat affichera le logo « Aliment fabriqué au Québec ». En tout, une douzaine d’entreprises lui fournissent actuellement les 18 ingrédients qui se trouvent dans sa recette.

« Mon thrill, c’est quand je vais rentrer chez IGA ou Rachelle Béry et que je vais voir mes produits. Et encore plus quand je vais voir un consommateur en mettre dans son panier ! » Oui. Bientôt, François Cardinal pourra entrer dans son épicerie préférée et vivre le rêve de tout entrepreneur agroalimentaire.

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