La petite histoire de grandes personnes, acte 2 : Vivre et survivre la COVID-19

Quelques jours après l’annonce de cette pandémie mondiale, nous avons décidé de prendre des nouvelles de neuf HUMAINS qui, jour après jour et de près ou de loin, s’investissent dans la filière agroalimentaire. | Par Lise Gallant

Afin de prendre le pouls de la situation, nous avons réalisé des entrevues un peu ludiques, histoire d’alléger le climat fort lourd entourant les circonstances. La même grille d’entrevue sera déployée dans le temps afin de nous permettre d’observer les changements ressentis et vécus par nos participants.

Finalement, ce sont ces brefs récits qui nous permettront d’écrire les quelques premières pages de l’histoire de chacun de ces HUMAINS qui composent avec la COVID-19 dans une industrie jugée essentielle. Nous vous offrons ces mots qui viennent du cœur, la spontanéité et la générosité de toutes ces personnes. Nous aimerions remercier (par ordre alphabétique) : Bryce, Isabelle, Luc, Lyne, Marie, Marie-Claire, Nicolas, Pascal et Pierre pour leur participation et leur vivacité d’esprit.  

Marie-Claire Pelletier

Je suis directrice en Recherche et développement chez Olymel, produits surtransformés : dinde, porc et poulet. Nous comptons 21 personnes en R&D et plus de 15 000 employés au Canada.

Réflexions personnelles

Mon état d’être actuel se résume ainsi : soulagée.

La plus grande révélation sur moi-même depuis le 13 mars, c’est ma capacité d’adaptation.

Ce qui fait mon bonheur ces jours-ci, c’est l’arrivée de l’été et du déconfinement.

Ma plus grande angoisse en ce moment, c’est la deuxième vague potentielle.

Si j’avais une baguette magique, c’est certain que je ferais apparaître un vaccin contre la COVID-19.

Si j’avais une baguette magique, je ferais disparaître la COVID-19 de la planète.

Ma pensée positive du jour : « On a fait un bon bout de chemin, il ne faut pas lâcher. On y est presque ! »

Dans ma vie privée, la COVID-19 m’a permis de ralentir et de profiter de bons moments avec ma famille.

Dans ma vie professionnelle, la COVID-19 nous a permis d’être encore plus efficaces pendant nos rencontres. On n’a pas le choix, puisque les réunions s’enchaînent et qu’il faut respecter les temps.

Ce que j’espère de plus positif après la CO- VID-19, c’est que nous restions unis avec nos collègues pancanadiens. Cette pandémie nous a vraiment rapprochés et nous ressentons cette force qui nous unit.

Réflexions sur le business

Mon business est touché par la COVID-19, c’est certain. Du côté des marchés HRI et institutionnels, Olymel a été directement touchée : les ventes sont tombées. Cependant, du côté du détail, nous avons vu nos ventes augmenter.

Ma productivité n’a pas augmenté en heures, le temps est autrement planifié avec le télétravail. Cependant, sur les plans de la production et de la transformation en usine, les mesures de distanciation imposent un ralentissement.

Je « focusse » le plus aujourd’hui sur la nouvelle structure qui a été mise en place pendant la pandémie ; je découvre son fonctionnement.

Ce qu’il y a de positif pour mon business aujourd’hui en trois mots : la reprise du marché HRI ; l’abondance de solutions qui émergent ; notre esprit d’équipe, qui est bien plus fort que la COVID-19.

Achat local, commerce local : Olymel est déjà présente partout au Canada et nous sommes fiers d’avoir maintenu le cap et d’avoir protégé les emplois dans l’entreprise.

La survie de mon business après la COVID-19 est assurée : nous sommes en voie de regagner la place que nous occupions avant la pandémie.

Ce que j’imagine de plus différent dans six mois, voire un an, ce sont nos relations d’affaires. Il s’est développé une belle entraide et une grande solidarité.

Ma ressource la plus précieuse aujourd’hui, c’est encore sans aucun doute mon équipe.

Si je dois définir le climat de travail en trois mots, alors je dirais que l’enthousiasme face à la nouvelle structure, la collaboration et l’esprit d’entraide résument bien le climat solidaire qui règne chez Olymel.

Ce que je fais de différent dans mon business depuis le début de la crise et qui va s’en doute rester, ce sont certainement les visioconférences.

Ma bonne nouvelle aujourd’hui, je dirais que c’est d’entrevoir la fin de cette crise, vivre le déconfinement et commencer à profiter des plaisirs de l’été.

Sur une bonne note, j’aimerais dire à mon équipe : « J’apprécie votre individualité, votre professionnalisme. COVID-19 ou pas, vous livrez toujours la marchandise et je vous en suis extrêmement reconnaissante. Merci ! »

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Isabelle Huot

Je suis docteure en nutrition et présidente d’Isabelle Huot, une entreprise qui se spécialise dans la production et la commercialisation en ligne et en magasin de : prêts-à-manger, épices, collations santé, céréales et tartinades. Nous comptons cinq employés et des collaborateurs, et nous sommes en croissance.

Réflexions personnelles

Mon état d’être actuel se résume ainsi : très confiante avec mon nouveau distributeur.

La plus grande révélation sur moi-même de- puis le 13 mars, c’est que je me rends compte que je fonctionne vraiment bien sur l’adrénaline depuis toujours, mais là, je me dépasse !

Ce qui fait bien mon bonheur ces jours-ci, c’est certainement le lac, le bateau et d’avoir recommencé à faire du surf. C’est vraiment l’activité qui me permet de décrocher complètement et ça me remplit de bonheur.

Ma plus grande angoisse en ce moment, c’est le montage des commandes. La demande est extrêmement forte.

Si j’avais une baguette magique, je ferais apparaître d’autres employés, des ressources pour m’aider.

Si j’avais une baguette magique, je ferais disparaître les problèmes de transporteurs qui parfois nuisent à l’expérience client. Mes clients sont au cœur de mon business et je veux que tout soit parfait pour eux.

Ma pensée positive du jour : contente du placement de mes produits chez Costco pour les deux semaines d’achat local produits du Québec.

Dans ma vie privée, la COVID-19 m’a permis de découvrir les visites virtuelles entre amis et d’apprécier plus le temps passé avec mon amoureux.

Dans ma vie professionnelle, la COVID-19 m’amène à passer une bonne part de mes journées en rencontres ZOOM – il y a une certaine efficacité avec les rencontres qui peuvent s’enchaîner sans que nous perdions de temps en déplacements.

Ce que j’espère de plus positif après la COVID-19, c’est que nous puissions tous renaître plus forts.

Réflexions sur Le business

Mon business est non seulement affecté par la COVID-19 mais il a connu une croissance inespérée. Ça me donne le goût pour avancer encore plus vite.

Les ventes de mes produits via le commerce électronique ont augmenté de façon fulgurante. Je suis très fière d’être une des pionnières du e-commerce dans mon secteur d’activités. Pendant cette pandémie je n’avais pas à me réinventer de ce côté, juste à accélérer. Toutefois, mes ventes chez certains détaillants ont connu une légère décroissance.

Aujourd’hui et ces jours-ci, je focusse le plus sur le développement de nouveaux produits.

Ce qu’il y a de positif pour mon business aujourd’hui en 3 mots : une équipe investie ; de nouveaux projets stimulants ; ma nouvelle distribution//logistique.

Achat local, commerce local vous dites ?! J’ai récemment décidé de créer une nouvelle alliance avec un producteur de céréales – une « start up » par des femmes. Je suis toujours fière de pouvoir encourager d’autres femmes comme moi qui ont choisi l’entrepreneuriat.

La survie de mon business post COVID-19 est assurée avec le commerce électronique, j’y opère depuis 2011 et ma boutique en ligne est très performante.

Ce que j’imagine de plus différent dans 6 mois voire 1 an ce sont les quelques partenariats sur lesquels je travaille à développer présentement qui seront concrétisés.

J’ai deux ressources extrêmement précieuses aujourd’hui et j’aimerais les saluer. Il s’agit de Luc Moussette, expert en négociation et en commercialisation (consultant et VP retraité de la Boulangerie St-Méthode) ainsi que de Peter Stastny de la CEDEC. Il y a de nombreux bénéfices de s’entourer de gens qui viennent complémenter notre équipe.

Si je dois définir le climat de travail en 3 mots alors : fébrilité, adrénaline, enthousiasme.

Depuis le début de cette crise, nous avons travaillé à améliorer les processus, c’est certain que ça va rester.

Ma bonne nouvelle aujourd’hui, j’en ai 3 et je veux les partager : l’acceptation de nos produits chez l’épicier Le Végétarien ; la valorisation de nos produits chez Costco – semaines achat local; la visite de mon nouveau fournisseur logistique / distribution – EDIKOM Distribution, ils sont géniaux et je me sens totalement en confiance, soulagée.

Sur une bonne note, j’aimerais dire à mon équipe et mes collaborateurs « Merci d’être là et d’être si investis, si loyaux, si disponibles ».