L’innovation dans le domaine bioalimentaire, une clef pour des entreprises prospères.
Négligé, le secteur de l’alimentation ? C’est ce qui ressort d’une conversation entre l’innovateur en chef du Québec Luc Sirois et le professeur à l’Université Dalhousie et directeur du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire Sylvain Charlebois dans le cadre de la Grand-Messe DUX 2026. « La chaîne de valeur bioalimentaire représente 6,8 % du PIB québécois », expliquait d’emblée l’innovateur en chef. Pourtant, celle-ci est un « oublié économique », tranchait Sylvain Charlebois. « En Ontario, le domaine de la transformation alimentaire est une plus grosse industrie que l’automobile, mais on en parle beaucoup moins. »
Malgré cette méconnaissance – et les effets de la pandémie -, le secteur a vécu une croissance notable. Le PIB a par exemple augmenté de 28,7 % de 2012 à 2022, selon l’analyse sectorielle Fabrication d’aliments – Défis et opportunités du secteur, réalisée par le Conseil de l’innovation du Québec (CIQ). Cette étude révèle tout de même des défis importants, dont la pénurie de main-d’œuvre, la productivité, et les émissions de GES, qui peuvent êtres surmontés grâce à des investissements en innovation. Le hic : entre 2017 et 2021, les dépenses en recherche et développement dans ce secteur ont baissé de 22,5%.
Droit au but
Les raisons de s’intéresser à l’innovation sont pourtant nombreuses : les entreprises innovantes de toutes tailles sont deux fois plus nombreuses à anticiper une croissance annuelle de leur chiffre d’affaires de plus de 5 %, selon les données de la Grande Enquête sur l’innovation en entreprise au Québec du CIQ.
« L’innovation c’est comme le hockey », illustrait Luc Sirois en souriant lors de sa présentation à la Grand-Messe DUX. « On ne peut pas attendre que le filet soit grand ouvert pour lancer la rondelle », ajoute-t-il, soulignant l’importance d’essayer des choses, même au risque de subir des échecs. Il faut aussi savoir faire preuve de patience, car les gains de productivité sont le fruit des investissements des cinq années précédentes, révèlent les chiffres compilés par le CIQ.

Outils personnalisés
Pour améliorer leur productivité, les entreprises alimentaires au Québec ont accès à un écosystème d’innovation riche, mais souvent méconnu. Ces ressources sont rassemblées sur la plateforme Innoveici (innoveici.quebec) mise sur pied par le Conseil de l’innovation du Québec. Celle-ci permet aux entrepreneurs d’accéder à un service d’aiguillage gratuit et personnalisé. Ils peuvent ainsi de trouver rapidement le financement et l’expertise pour réaliser leurs projets d’innovation.
« L’esprit entrepreneurial au Québec n’a pas d’égal », lance Sylvain Charlebois avec confiance. L’innovateur en chef est lui aussi convaincu qu’en misant davantage sur les ressources à leur disposition, les entreprises alimentaires québécoises ont tout décupler leur impact sur notre économie et le bien manger des Québécois.
