Étiquettes électroniques et emballages intelligents transformeront l’industrie de la fabrication en mode process en 2018

1) L’utilisation des étiquettes électroniques augmente de 50 % à mesure que les entreprises réalisent le potentiel issu de la fidélité client et de meilleures opportunités

Prenons l’exemple d’un bocal de soupe vendu dans votre supermarché. Sur l’étiquette apparaissent deux composants : E948 et E242. À quoi correspondent-ils ? E948 est de l’oxygène, donc non dangereux pour l’organisme. En revanche, E242 est l’appellation du carbonate de diméthyle, un produit chimique dangereux pouvant provoquer une irritation de la peau, des yeux ou encore des voies respiratoires. En connaissance de cela, achèteriez-vous toujours ce produit ? Cela montre à quel point les informations renseignées dans l’étiquetage peuvent avoir un impact puissant sur le choix du consommateur.

Une étude récente du cabinet Kerry Group montre que 74 % des consommateurs considèrent l’étiquetage transparent comme le facteur déterminant de leur achat. De plus, 9 consommateurs sur 10 sur les 53 % qui lisent les étiquettes sont prêts à payer davantage pour des produits dont l’étiquetage serait transparent. En 2018, nous observerons deux tendances fortes dans le domaine de la transformation des process de fabrication alimentaire : l’étiquetage électronique et l’étiquetage transparent. Combinés, ils offriront un avantage concurrentiel décisif aux premières entreprises les adoptant.

Si nous sommes ce que nous mangeons, nous ferions mieux d’être sûrs à 100 % de ce que nous avons dans notre assiette ! La volonté de transparence et de traçabilité dans l’étiquetage des aliments n’a jamais été aussi forte. L’étiquetage transparent était jusqu’à récemment encore associé aux consommateurs ayant des modes de vie sains ou aux enseignes bio et végétariennes. Mais avec l’éveil des consciences à ce sujet, il commence à être désiré par une majorité de consommateurs.

Le distributeur discount Aldi a, ainsi, récemment, promis de retirer 200 additifs et conservateurs de ses produits (que l’on retrouve dans la majorité des aliments transformés). De même, Walmart a observé une très forte augmentation de ses ventes suite à la décision de proposer des produits plus sains avec un étiquetage plus transparent grâce à sa gamme Great for You lancée en 2012 et pour laquelle les produits répondent à une gamme de fraicheur et de critères nutritionnels. À ce jour, plus de 30 % des produits alimentaires Walmart ont reçu ce label. En 2017, le réseau Consumer Goods Forum (CGF), composé de 400 entreprises dans 70 pays, a annoncé également sa volonté de simplifier d’ici 2020 ses étiquettes alimentaires.

Étiquettes électroniques : simples étiquettes ou nouveaux canaux de vente ?

Avec la pression des gouvernements, des associations professionnelles, des groupes de consommateurs et des distributeurs pour plus de transparence et d’informations sur les produits – ainsi que des étiquettes plus simples -, l’étiquetage électronique commence à s’imposer. Et il peut, potentiellement, devenir un nouveau canal de vente attrayant et immersif.

Les QR codes sur les produits alimentaires peuvent amener les consommateurs vers un site Web où ils auront accès non seulement aux informations règlementaires requises, mais également sur les inclusions d’allergène, la durabilité du produit, son niveau d’OGM ou de pesticides ou encore son lieu et ses étapes de production depuis la semence d’une graine au produit fini. Ce genre de site est aussi un outil pour la marque de valoriser ses démarches de Responsabilité Sociale d’Entreprise.

Pour le consommateur, l’étiquetage électronique est synonyme de meilleure traçabilité, transparence et confiance. Pour le producteur, il renforce l’engagement client et est un nouveau canal pour capter les jeunes générations de consommateurs connectés et sensibles à l’éco-responsabilité.

Mais cela ne s’arrête pas là. L’étiquetage électronique offre, également, la perspective séduisante, d’un point de vue marketing, d’une étiquette plus personnalisée et plus interactive. Dans le domaine du bricolage, par exemple, elles permettent de modéliser la pièce en y entrant les dimensions, les différents matériaux et mobiliers dont elle sera composée.

Grâce à la nouvelle génération de technologie NFC (Near Field Communication), les acheteurs n’auront même plus besoin de scanner des étiquettes ou de télécharger une application pour accéder à ce contenu immersif et riche en données. En effet, une notification push instantanée se déclenchera automatiquement lorsque le consommateur sera à proximité de celle-ci.

2) Les premiers emballages intelligents abordables seront disponibles dans les rayons, à commencer par la viande

Gestion du gaspillage : pour les producteurs, la planète et les consommateurs, cela n’a jamais été aussi important. Dans le monde, 4 milliards de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année. Aux États-Unis, 50 % de la nourriture achetée n’est pas consommée et 33 % de la viande achetée n’est pas mangée. Le gaspillage alimentaire est une urgence sociale, environnementale et commerciale.

La législation européenne sur les emballages a été modifiée en 2015 pour permettre d’inclure une série d’éléments dans les emballages à la condition qu’ils n’impactent pas la saveur du produit. D’ici la fin de l’année 2018, nous commencerons à voir des emballages intelligents chez les distributeurs traditionnels grâce à la pression règlementaire et les initiatives éco-responsables des entreprises sur les déchets et le gaspillage, à commencer par la viande.

Davantage marketing que scientifique, les mentions « à consommer de préférence avant » ou « à consommer jusqu’à » se trouvant sur les emballages alimentaires ne sont pas à prendre pour comptant et génèrent du gaspillage. Et si l’emballage pouvait indiquer directement si le produit est encore consommable ? Le volume de temps, de nourriture et de coûts économisés constituerait un avantage concurrentiel puissant pour l’entreprise et un levier pour le consommateur de consommer de manière plus responsable.

Ce genre d’emballage existe déjà ! L’entreprise d’emballage de fruits ripeSense, par exemple, a équipé de capteurs intelligents les étiquettes de ses emballages. Celle-ci change de couleur selon la maturité du fruit (rouge si non mûr, orange si ferme et jaune si à point). Les capteurs réagissent aux arômes que libèrent les fruits à mesure qu’ils mûrissent. Grâce à ces emballages intelligents, ripeSens permet à ses clients d’acheter et consommer des fruits en fonction de leurs goûts tout en prolongeant la durée de vie du produit et en réduisant considérablement le niveau de gaspillage.

L’Active & Intelligent Packaging Industry Association (AIPIA), association mondiale de l’emballage intelligent, estime que le marché actuel des emballages actifs et intelligents à 1,35 milliard d’euros par an. Ce chiffre devrait doubler d’ici les cinq prochaines années. L’adoption généralisée d’emballages intelligents, intensifs et réduisant le gaspillage pourrait rendre cette croissance exponentielle.

Avec des technologies de plus en plus matures et donc financièrement accessibles comme la RFID (radio-frequency identification), les capteurs biologiques, chimiques ou de gaz, la durée de conservation des produits frais pourrait être prolongée de plusieurs jours. En maitrisant mieux la durée du cycle de vie du produit fini, l’entreprise peut optimiser sa planification, ses process de fabrication et ses gains.

3) Un producteur sur quatre de l’industrie agroalimentaire établira de nouveaux partenariats pour se protéger de la rareté des matières premières

« Garde tes amis proches et tes ennemis encore plus proches ». Que cette expression provienne de l’Art de la Guerre de Sun Tzu ou du Parrain II, elle sera d’autant plus vraie en 2018 ! Les principes de « Frères ennemis » et « Coopétition » vont devenir les véritables moteurs de la mondialisation. Comme le prouvent les récentes collaborations entre Kellog, Pillsbury et Nabisco sur leurs ventes en ligne, dans un monde où les ressources se raréfient, la coopération entre concurrents devient un avantage majeur.

Jusqu’à récemment, les fusions et acquisitions étaient monnaie courante entre les entreprises pour sécuriser des matériaux et leur approvisionnement à l’échelle mondiale. Mais avec l’appauvrissement des ressources naturelles et des matières premières, les coûts et les défis se sont aujourd’hui déplacés au niveau du territoire.

Acquérir un fournisseur au Brésil, par exemple, permet de sécuriser une ressource, mais génère en parallèle, certaines complications dans le processus global de production. Les joint-ventures agiles et les partenariats souples pourraient bien devenir la méthode la plus applicable en 2018. D’autant que les entreprises concurrentes collaborent déjà pour innover, tirer le meilleur parti des chaînes d’approvisionnement et sécuriser leurs matières premières.

L’innovation permet de diversifier les gammes de produits, ce qui se répercute ensuite sur les plus petits et moyens acteurs de l’industrie. Il est donc indispensable que la collaboration se renforce et donc la coopétition. Se rapprocher d’une entreprise qui peut gérer un process qu’une autre ne maitrise pas et vice-versa permet d’élargir l’offre aux distributeurs sans nécessiter d’importants investissements. Comme toute tendance, il faut s’assurer que l’entreprise possède les capacités web et cloud suffisantes pour rivaliser et collaborer avec toutes ses ressources partout là où elle en a besoin.

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